La réforme des pensions ou comment allons-nous être « retraités »
La réforme des pensions en cours actuellement fait couler beaucoup d’encre. Douze experts du Conseil Académique en matière de pensions viennent de tirer la sonnette d’alarme dans une carte blanche publiée dans le quotidien Le Soir. Ils indiquent que la réforme « prend une tournure dangereuse ».
Ils critiquent une des mesures phares de la réforme qui consisterait à supprimer le 2ème pilier des pensions complémentaires versé par l’employeur et à inciter les travailleurs à se constituer individuellement une pension complémentaire. La mesure est passée pratiquement inaperçue et contribuerait à augmenter les inégalités. Ils précisent avoir privilégié l’option d’un recul de l’âge du départ à la retraite dans un rapport remis au gouvernement il y a deux ans mais n’avoir jamais parlé de toucher au 2ème pilier des pensions.
Cette réforme nous fait faire « un retour en arrière de 20 ans » soulignent les 3 syndicats belges FGTB, CSC et CGSLB et pourrait signifier la fin du système actuel, basé sur plus de solidarité.
Concrètement, le gouvernement souhaite, avec cette réforme réaliser une économie de 400 millions d’euros sur les pensions publiques durant les trois prochaines années et envisage d’économiser 57 millions en 2016, 142,5 millions en 2017 et 200 millions en 2018.
Mais cette fois, en touchant aux acquis dont bénéficient actuellement le personnel de la fonction publique, en supprimant progressivement la bonification des diplômes dans le calcul des pensions, par exemple, certains pensent que le gouvernement en place va trop loin. Les années d’études après les études secondaires ne seraient plus prises en compte dans le calcul de la durée des carrières. De même, il ne serait plus possible pour un personnel nommé d’assimiler la période durant laquelle il a presté comme contractuel.
Enfin, une dernière piste évoquée concerne la suppression des tantièmes préférentiels, ce qui aura pour conséquence une moindre valorisation des années exercées.
Pour le président du PS, Elio Di Rupo, la réforme mise en place actuellement est une véritable catastrophe. En effet, l’âge de la retraite ne devrait pas être porté à 67 ans mais maintenu à 65 ans, avec une proposition de bonus pour les gens qui souhaitent continuer à travailler au-delà.
- MPI

